Interview de Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux

Professeur d’électronique, fervent défenseur du service public et de l’université, Dean Lewis a été élu président de l’université Bordeaux 1 en 2012, nommé vice-président du Conseil d’Administration de l’université de Bordeaux en 2014, puis vice-président en charge des ressources humaines en 2018. A 56 ans, le 24 janvier 2022, il est élu président de l’université de Bordeaux, une grande université multidisciplinaire, ancrée dans ses territoires et ouverte à l’international.

Interview de Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux
  • M. Lewis, vous êtes le vice-président de l'Oareil. Pourriez-vous nous expliquer ce qui lie l'université de Bordeaux à notre association ?

Le lien est très profond. L’association a été créée il y a 50 ans pour redonner une place aux personnes âgées dans la société en les considérant comme actrices à part entière de notre société. Et l’université a dès l’origine souhaité contribuer à ce projet humaniste, qui était très novateur en son temps, mais qui reste aujourd’hui complètement d’actualité. Depuis la création de l’association en 1976, tous les présidents de l’université de Bordeaux étaient présidents de droit de l’association. A la suite d’un changement réglementaire et d’une réforme des statuts de l’Oareil, je suis aujourd’hui vice-président de l’Oareil, à la demande de son conseil d’administration.

La collaboration entre l’université et l’association n’est pas seulement historique. Elle est fondée également sur des objectifs communs. Nous œuvrons à créer des passerelles avec la société civile. Par exemple, dans le champ de la gérontologie sociale, l’Oareil dispose d’un organisme de formation qui propose aux professionnels du secteur médico-social une quarantaine de formations courtes sur la relation à la personne âgée. De notre côté, l’université de Bordeaux propose un Diplôme Universitaire qui vise à professionnaliser l’approche de la personne âgée. Nous sommes ainsi très complémentaires. Autre exemple : nous avons répondu ensemble à un appel à projet européen sur le vieillissement cognitif. Enfin, tous les ans, l’Université du Temps Libre (UTL) de Bordeaux Métropole accueille des étudiantes et des étudiants qui vont à la rencontre des adhérents de l’association pour mieux connaître les mécanismes d’adaptation de la mémoire lorsque l’on vieillit mais que l’on reste intellectuellement curieux et actif.

Les enseignants chercheurs de l’université sont heureux de partager leurs savoirs à l’UTL, et ils sont nombreux à le faire. Vous appelez « étudiants » vos adhérents : cette appellation est un symbole fort pour l’Oareil : il vise à rappeler qu’on a le droit de rester curieux et de continuer à apprendre tout au long de la vie.



  • Quel rôle sociétal joue l’Oareil et particulièrement l’Université du Temps Libre Bordeaux Métropole ?

Certains chiffres ont été rappelés au cours du dernier conseil d’administration de l’Oareil, le 18 mars dernier. A travers l’Université du Temps Libre de Bordeaux Métropole, ce sont plus de 100 thèmes d’enseignements et d’activités qui sont ouverts à des personnes de tous les âges. Et cette année, 6000 adhérents ont fréquenté vos activités. Ce foisonnement est un formidable laboratoire d’initiatives, de création, d’exploration des savoirs et de construction de lien entre les personnes qui ont du temps libre. Même si 90 % des adhérents ont plus de 60 ans, l’UTL accueille bien tous les âges puisque la plus jeune adhérente, cette année, a 18 ans et suit des cours de philosophie.

Le rôle sociétal de l’UTL est aussi d’aider à comprendre la complexité de notre monde actuel. A ce titre, je tiens à souligner l’intérêt du cycle des conférences bi-hebdomadaires, qui permet à tous vos adhérents d’écouter et de discuter avec des experts de nombreux domaines. Ce cycle illustre la fécondité de la relation entre l’UTL et l’université, avec la participation de nombreux universitaires qui partagent leurs savoirs sur des thématiques très variées. Les programmes proposés profitent d’ailleurs aussi à beaucoup d’universitaires retraités, qui peuvent aiguiser leur curiosité et développer leurs connaissances dans des domaines qui leur étaient étrangers.

  • À l'aube des 50 ans de l'association, que peut-on souhaiter à l'Oareil ?

Depuis septembre 2024, l’Oareil, qui est hébergée à l’université de Bordeaux, a obtenu le statut officiel d’association d’intérêt général. Cette obtention est la preuve, d’abord, de la qualité de la réponse qu’elle apporte dans le rayonnement culturel et l’accompagnement de personnes parfois vulnérables. Elle marque ensuite la reconnaissance de la rigueur de votre travail d’organisation et d’encadrement de vos activités.

Je tiens à rappeler, d’ailleurs, que celles-ci ne pourraient être réalisées sans la forte mobilisation des 150 bénévoles impliqués dans la vie de l’association, que ce soit la gouvernance associative, l’offre d’activités ou encore l’accueil et l’orientation des publics.

Je vous souhaite de garder cette exceptionnelle vitalité qui est la vôtre au service du bien public et de maintenir vos fondements humanistes.

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